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Instruments de prestige : restaurer autrement grâce aux nouvelles technologies

  • 2 avr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 16 heures


Le 2 avril, une soirée à l’initiative de Talents & Violon’celles s’est tenue à la Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret, réunissant un cercle de mécènes autour d’une conférence singulière, à la fois accessible et vivante, consacrée aux nouvelles approches de la restauration en lutherie.


Dédiée aux instruments de prestige, cette rencontre a mis en lumière les enjeux spécifiques liés à leur conservation et à leur transmission. Présentée par Martin Hirsch et animée par les luthiers Roland Houël et Joël Klépal, de l’atelier de haute restauration Houël & Klépal, elle a su trouver un équilibre entre exigence scientifique, partage de savoir-faire et moments musicaux.


Joël Klépal, Roland Houël et Martin Hirsch - © Gilles Arbwick
Joël Klépal, Roland Houël et Martin Hirsch - © Gilles Arbwick

Haute Lutherie : du savoir-faire séculaire à la haute technologie

Face à un public de mécènes particulièrement curieux, Roland Houël et Joël Klépal ont partagé les coulisses de leur travail. Ils ont rappelé que leur mission première est de préserver le génie des grands maîtres luthiers, tout en permettant aux instruments historiques de continuer à vivre entre les mains des musiciens.


Roland Houël - © Gilles Arbwick
Roland Houël - © Gilles Arbwick

Au cœur de la rencontre, les intervenants ont esquissé ce que l’on pourrait appeler une « lutherie 2.0 », où les avancées technologiques viennent enrichir, sans remplacer, le savoir-faire traditionnel. Loin de dénaturer le geste du luthier, ces outils offrent une compréhension plus fine des instruments anciens, permettant de mieux les diagnostiquer et ouvrent de nouvelles possibilités d’intervention et de restauration. Parmi ces approches : l’usage de lumières monochromatiques, la micro-tomographie à rayons X, les outils de documentation et de diagnostic, le scanner 3D à lumière structurée, ou encore la fraiseuse à commande numérique (CNC), qui illustrent concrètement l’évolution des pratiques.


Roland Houël et Joël Klépal - © Gilles Arbwick
Roland Houël et Joël Klépal - © Gilles Arbwick

La présentation a été ponctuée par des questions et commentaires de la part du public très attentif, témoignant de l’intérêt suscité par ces nouvelles méthodes de pointe et par les enjeux qu’elles soulèvent : comment intervenir sans trahir l’histoire et l’identité de l’instrument, comment préserver tout en redonnant vie. Autant de questions qui étaient au cœur de cette rencontre.


Joël Klépal, Roland Houël et Martin Hirsch - © Gilles Arbwick
Joël Klépal, Roland Houël et Martin Hirsch - © Gilles Arbwick

La musique entre les paroles

Cette conférence a été rythmée par des interventions musicales, portées par une sélection d’artistes d’exception, soigneusement choisis par le directeur artistique Raphaël Pidoux. Ils ont donné à entendre quelques fleurons de notre patrimoine instrumental, que le soutien précieux de nos mécènes contribue à préserver et à transmettre.


Arthur Decaris, Thomas Briant, Nicolas Bourdoncle, Léa Hennino et Bruno Philippe - © Gilles Arbwick
Arthur Decaris, Thomas Briant, Nicolas Bourdoncle, Léa Hennino et Bruno Philippe - © Gilles Arbwick

Les morceaux que les artistes ont fait entendre :

Suzanne Wolff - © Gilles Arbwick
Suzanne Wolff - © Gilles Arbwick
  • Nicolas Bourdoncle (piano), Arthur Decaris (violon) et Thomas Briant (violon) : Dmitri Chostakovitch — 5 pièces pour deux violons et piano 

  • Suzanne Wolff (basse de violon) : Selma — Fantaisie 

  • Nicolas Bourdoncle (piano) et Bruno Philippe (violoncelle) : Sergueï Rachmaninov — Mouvement lent de la Sonate pour violoncelle et piano 

  • Léa Hennino (alto) : Henri Vieuxtemps — Capriccio pour alto seul 

  • Nicolas Bourdoncle (piano) et Thomas Briant (violon) : Maurice Ravel — Sonate pour violon et piano (Blues)

  • Nicolas Bourdoncle (piano), Arthur Decaris (violon), Thomas Briant (violon), Léa Hennino (alto) et Bruno Philippe (violoncelle) : Robert Schumann — Quintette pour piano et cordes (2e mouvement)


Certains artistes ont eu le privilège de jouer sur des instruments remarquables issus de notre fonds instrumental. Thomas Briant a joué un violon Gagliano de Naples (1735), Arthur Decaris un violon Séraphin (1735), tous deux mis à disposition grâce au mécénat de Roger Zilber. Quant à Suzanne Wolff, elle a fait résonner une basse de violon fabriquée par Roland Houël, récemment intégrée à notre département de musique ancienne et disponible au prêt.


Raphaël Pidoux, Bruno Philippe, Léa Hennino, Thomas Briant, Arthur Decaris et Nicolas Bourdoncle - © Gilles Arbwick
Raphaël Pidoux, Bruno Philippe, Léa Hennino, Thomas Briant, Arthur Decaris et Nicolas Bourdoncle - © Gilles Arbwick

Le Stradivarius sous toutes ses facettes

Le violon Stradivarius et l'alto Maggini - © Gilles Arbwick
Le violon Stradivarius et l'alto Maggini - © Gilles Arbwick

Les échanges se sont poursuivis autour d'un cocktail dans une ambiance conviviale, permettant aux invités d’approfondir le sujet des nouvelles techniques de restauration des instruments de prestige.


Les invités ont également pu observer de plus près le violon Stradivarius exposé dans une vitrine, instrument exceptionnel actuellement restauré par Roland Houël et Joël Klépal, ainsi que l’alto Maggini datant de 1600, joué par Léa Hennino. Cet instrument ayant fait l’objet d’une analyse détaillée avant d’être proposé à la vente, il a suscité un vif intérêt.







© Gilles Arbwick
© Gilles Arbwick

Investir dans la musique, soutenir les talents de demain

Nos mécènes s’engagent pour faire vivre la musique en soutenant la fabrication d’instruments par des luthiers d’exception. Chaque instrument devient un tremplin pour les jeunes talents prometteurs, leur offrant les moyens de développer leur carrière et de faire vivre le patrimoine musical.


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